Son documentaire « Trop noire pour être française? », diffusé en juillet 2015 sur Arte, avait marqué les esprits. Cet automne, la réalisatrice et scénariste Isabelle Boni-Claverie publiait le livre du même nom, déjà auréolé de jolies critiques. Elle y questionne la condition noire en France, par le prisme de sa propre histoire. Celle d’une famille où la position sociale pût sembler le meilleur des boucliers contre les préjugés raciaux. Le racisme, pourtant, ne l’aura pas épargnée. Un fait social et politique qu’elle décortique avec brio et de nombreuses anecdotes sur cette famille qui lui a aussi légué la plus belle des richesses: son métissage culturel. Un certain goût pour l’autre et pour l’ailleurs. Une propension à naviguer entre les univers et les territoires, une gourmandise pour des sujets parfois en apparence opposés. Fidèle à ses engagements et pour que l’esprit de son travail s’incarne et serve durablement, Isabelle a aussi lancé un site internet, www.50nuancesdenoir.com, une plateforme de réflexion et de partage autour du « vivre ensemble ».

Isabelle, qui a vécu quelques années en Côte d’Ivoire, nous raconte son Noël idéal en Afrique.  Il y est aussi question de mots. Et de partage..

QUEL EST TON PLUS BEAU SOUVENIR DE NOEL OU DE FETE DE FIN D’ANNEE?
Petite, dans la famille de mon père, à la campagne. Il y avait le voyage pour y aller, qui était déjà une promesse en soi. Puis on ramenait un vrai sapin qui montait jusqu’au plafond – c’est en tout cas l’impression que j’avais. On passait l’après-midi à le décorer, toutes générations confondues. Il y avait du feu dans la cheminée, de grandes balades le long des champs, du monde… J’adorais cette ambiance festive.

TON NOEL IDEAL EN AFRIQUE, CE SERAIT…
Un Noël dans le désert, sous les étoiles, autour d’un feu, avec un griot qui dirait des contes, une cora pour l’accompagner, peut-être une chanteuse, et les gens que j’aime…

LA TENUE PARFAITE POUR LES FETES?
Celle dans laquelle on se sent bien. Je me suis longtemps beaucoup habillée pour le 24 et le 31. Aujourd’hui je n’y attache plus tellement d’importance.

LA PERSONNALITE AFRICAINE QUE TU AIMERAIS AVOIR A TA TABLE CE SOIR-LA?
Si elle était encore vivante, je dinerais avec Myriam Makeba. Elle a eu une vie d’une dureté et d’un courage extrêmes. Elle aurait pu être brisée. Elle est devenue une immense artiste, une activiste et une grande amoureuse. J’aimerais qu’elle me dise son chemin vers la résilience. Et aussi obtenir ses confidences sur sa relation avec Sekou Touré (ndlr: premier Président de la République de Guinée, post-indépendances). Ce moment de sa vie est particulièrement romanesque et se prêterait bien à un roman ou un film. En plus, l’album qui est sorti de ses années en Guinée, « Myriam Makeba, the Guinea Years » est juste magnifique. Elle y chante dans neuf langues différentes, y compris en arabe. J’adore le son un peu rugueux de l’enregistrement. C’est toute une époque.

UN LIVRE (beau livre ou littérature africaine) A OFFRIR?
L’anthologie de Revue Noire.

LA PIECE DE LAGO54 QUE TU AIMERAIS PORTER OU OFFRIR?
Le jean taille haute de Imane Ayissi.

LA PIECE QUI FAIT CRAQUER ISABELLE BONI-CLAVERIE CHEZ LAGO54